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Photo de classe 1926

Les élèves de l’école de Cazarilh-Laspènes en 1926

Photo classe 1926c

Premier rang : Bertrand MAYA, Suzanne MAYA, Marie-Louise (Lili) LAFFORGUE
Deuxième rang : La maîtresse, Pierrette CRISTAU, Henri LAFFORGUE, Maurice FAIBUS, Gabrielle LAFFORGUE, Rose LAFFORGUE, Jeanne LAURENS, Gabriel LAFFORGUE
Nota : tous les élèves du deuxième rang étaient déjà scolarisés à l’école de Cazaril en 1920-1921

 

 

 

L’année scolaire 1942-1943

Etude des archives de l’école de CAZARILH-LASPENES – Texte rédigé par D. Gauchon – Juillet 2014

L’année scolaire 1942-1943 vue à travers le registre d’appel journalier

La tenue du registre d’appel journalier est un acte administratif instauré par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882 afin de veiller au respect de l’obligation scolaire. Ce registre est renseigné deux fois par jour par l’instituteur qui au début de chaque demi-journée  doit faire l’appel de ses élèves et noter les absences sous une forme normalisée : – pour le matin, ৷ pour l’après-midi et donc + pour la journée entière. Il note également le motif des absences.

Ainsi renseigné, le registre d’appel donne de nombreuses informations sur la vie de la classe : le calendrier de l’année scolaire, l’organisation pédagogique de la classe et son évolution au cours de l’année, les raisons des absences des élèves et du maître, la fréquentation individuelle et collective des élèves…

Le calendrier de l’année scolaire

 En 1942-1943, l’année scolaire se déroule du 2 octobre au 12 juin, soit une amplitude réduite de 7 semaines par rapport à l’année scolaire standard de l’époque. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette réduction :
–              une note de service datant de 1941 préconisait déjà un allègement du travail scolaire en juillet afin d’éviter aux élèves des fatigues que la sous-alimentation risquerait de rendre préjudiciable à leur santé ;
–              mais aussi pour les écoles rurales dont les élèves sont susceptibles de participer utilement aux travaux de champs… C’est sans doute le constat d’une réalité mais c’est aussi l’affirmation d’un choix politique de la part d’un gouvernement dont la devise est « Travail, Famille, Patrie »

Malgré cela, la durée annuelle effective de classe est de 972 heures soit encore 15% supérieure à la durée actuelle qui est théoriquement de 864 heures (sans tenir compte de certains jours fériés non inclus dans les congés périodiques).

 1942-19432014-2015
RéférenceRegistre d’appel journalier - Ecole de CazarilhAcadémie de Toulouse - Semaine de 4,5 jours
Année scolaire2 octobre au 12 juin2 septembre au 4 juillet
Congès (en équivalent jours de classe)Toussaint : 1 jour
Noël : 10 jours
Mardi-gras : 3 jours
Pâques : 10 jours
Total : 24 jours de classe
Toussaint : 9 jours
11 novembre : 1 jour
Noël : 9 jours
Hiver : 9 jours
Printemps : 9 jours
1er mai : 1 jour
8 mai : 1 jour
Ascension : 1 jour
Pentecôte : 1 jour
Total : 41 jours de classe
Organisation de la semaineLundi, mardi, mercredi, vendredi, samedi
soit 5 journées complètes
Lundi, mardi, mercredi matin, jeudi, vendredi
soit 4,5 jours
Durée en semaines34 semaines de 30 h36 semaines de 24 h
Durée en jours de classe162 jours soit 324 demi-journées180 jours soit 324 demi-journées
Heures de classe972 h864 h

L’organisation pédagogique de la classe

On distingue en début d’année scolaire trois groupes d’élèves (cours préparatoire, cours moyen 1ère année et 2ème cycle 1ère année correspondant au cours de fin d’études) mais cette organisation semble évoluer en cours d’année :
–          en janvier le cours préparatoire est scindé en deux groupes : cours préparatoire 2ème année et cours préparatoire (où sont inscrits deux enfants ayant moins de 6 ans) ;
–          en mars, les élèves de cours préparatoire simple se retrouvent sous l’appellation section préparatoire.

On peut penser que l’enseignant manifeste ainsi le souci de s’adapter au rythme de progression de ses élèves, ayant associé dans un premier temps les élèves de moins de 6 ans aux activités du CP, avant de leur proposer des activités spécifiques à partir du mois de janvier..

Les absences du maître de la classe

Aucune absence du maître n’est signalée au cours de cette année scolaire.

Les absences des élèves

Le taux moyen d’absence est inférieur à 15% ce qu’il faut relativiser du fait que l’année scolaire se termine le 12 juin, avant la période habituellement propice à la participation des élèves aux travaux des champs. Il est fait seulement trois fois mention d’absences d’ailleurs assez brèves pour travaux aux champs et aide aux parents.

A signaler deux élèves de plus de 14 ans qui étaient inscrits et ne sont pas venus, ainsi qu’une élève qui a quitté l’école fin février pour le motif suivant : « A quitté l’école (plus de 14 ans) pour travailler chez elle ». Il est peu probable que ce soit pour poursuivre ses études, mais évidemment pour aider ses parents !

Les absences pour maladie apparaissent peu nombreuses, se situant pour la plupart en février (grippe, rhume, maladie avec un total en février de 124 demi-journées sur 224 pour l’année).

Il n’est pas mentionné que la neige et le froid aient perturbé le fonctionnement de la classe, pas plus que les éventuelles fêtes locales, mais il est vrai qu’au cours de l’année 1942-1943, aucun élève habitant Trébons ne fréquentait l’école de Cazarilh.

Tableau de synthèse des informations contenues dans le registre d’appel journalier de l’année scolaire 1942-1943

 

Obligation scolaire

Etude des archives de l’école de CAZARILH-LASPENES – Texte rédigé par D. Gauchon – Juillet 2014

 Le registre d’appel journalier au service de l’obligation scolaire

Les lois relatives à l’obligation scolaire

La loi Jules Ferry du 28 mars 1882 stipule (article 10) que lorsqu’un  enfant manque momentanément l’école, les parents ou les personnes responsables doivent faire connaître  au directeur ou à la directrice les motifs de son absence.
Les directeurs et les directrices doivent tenir un registre d’appel qui constate, pour chaque classe, l’absence des élèves inscrits. A la fin de chaque mois, ils adresseront au maire et à l’inspecteur primaire un extrait de ce registre, avec l’indication du nombre des absences et des motifs invoqués.
Les motifs d’absence seront soumis à la commission scolaire. Les seuls motifs réputés légitimes sont les suivants: maladie de l’enfant, décès d’un membre de la famille, empêchements résultant de la difficulté accidentelle des communications. Les autres circonstances exceptionnellement invoquées seront également appréciées par la commission.

La loi du 11 août 1936, reproduite sur le registre d’appel journalier 1942-1943, renforce le dispositif en demandant à chaque instituteur de tenir un registre d’appel et en instaurant un livret scolaire mentionnant notes, absences et motifs invoqués qui doit être visé chaque mois par le responsable de l’enfant. Par contre l’extrait du registre d’appel doit seulement être envoyé chaque trimestre à l’Inspecteur primaire.

La loi du 22 mai 1946 reprend les mêmes dispositions en y ajoutant un arsenal répressif conséquent en cas de non respect de l’obligation scolaire :
–          pour les responsables de l’enfant, pouvant aller au tribunal correctionnel ainsi que un à cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille ;
–          pour les instituteurs et directeurs d’école pouvant aller jusqu’à trois mois de suspension pour les enseignants publics et l’interdiction d’enseigner pour les enseignants privés ;
–          pour quiconque admet, pendant les heures de classe, dans une salle de spectacle ou dans un lieu public, un enfant d’âge scolaire ;
–          pour quiconque, d’une façon habituelle, emploie à son service, pendant les heures de classe, un enfant soumis à l’obligation scolaire.

Il est même précisé que « lorsqu’un enfant d’âge scolaire est trouvé par un agent de l’autorité publique dans la rue, dans une salle de spectacle ou dans un lieu public sans motif légitime pendant les heures de classe, il est conduit immédiatement à l’école où il est inscrit » !

Les registres d’appel journaliers de l’école de Cazarilh

En reproduisant  sur le registre d’appel de larges extraits de la loi du 22 mai 1946, nul doute qu’il s’agit de mobiliser le corps enseignant pour combattre le fléau d’un absentéisme scolaire qui pour l’école de Cazarilh est déjà mentionné à hauteur de 17% dans la monographie de Louis Saubadie (un sixième des présences possibles en 1886) et atteint même  24% au cours de l’année 1920-1921. L’absentéisme à l’école de Cazarilh était certes revenu à un taux de 15% pendant l’année 1942-1943 mais ce chiffre n’est sans doute pas significatif en pleine période de conflit et le manque de bras dans les campagnes au lendemain de la guerre justifiait une grande vigilance.

La lecture des registres d’appel journaliers montre qu’un grand soin était apporté à leur tenue à toutes les époques, même dans une petite école rurale comme Cazarilh et même dans une période troublée. Il s’agit de l’une des obligations administratives majeures des enseignants et son importance est attestée par la signature apposée sur ce registre par l’Inspecteur primaire lors de ses visites (12/3/1921, 14/4/1959, 11/10/1961 et 4/2/1966).
Il est vrai qu’il ne s’agit pas seulement du contrôle de l’obligation scolaire mais d’une donnée administrative essentielle de la vie de chaque école :
–          la trace juridique de la fréquentation scolaire d’un enfant (preuve du respect de l’obligation scolaire, pour être apportée par exemple en cas de conflit entre parents séparés) ;
–          la connaissance du nombre précis d’enfants qui fréquentent l’école afin de déterminer le montant de l’allocation scolaire (exemple des Fonds Barangé ou des subventions municipales) mais aussi le nombre de classes de l’école.

L’année scolaire 1920-1921

Etude des archives de l’école de CAZARILH-LASPENES – Texte rédigé par D. Gauchon – Juillet 2014

  L’année scolaire 1920-1921 vue à travers le registre d’appel journalier

  La tenue du registre d’appel journalier est un acte administratif instauré par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882 afin de veiller au respect de l’obligation scolaire. Ce registre est renseigné deux fois par jour par l’instituteur qui au début de chaque demi-journée  doit faire l’appel de ses élèves et noter les absences sous une forme normalisée : – pour le matin, ৷ pour l’après-midi et donc + pour la journée entière. Il note également le motif des absences.

Ainsi renseigné, le registre d’appel donne de nombreuses informations sur la vie de la classe : le calendrier de l’année scolaire, l’organisation pédagogique de la classe et son évolution au cours de l’année, les raisons des absences des élèves et du maître, la fréquentation individuelle et collective des élèves…

Le calendrier de l’année scolaire

 En 1920-1921, l’année scolaire se déroule du 1er octobre au 3 août, soit une amplitude identique à la situation actuelle, décalée seulement d’un mois mais avec une durée annuelle effective de classe de 1224 heures soit 40% supérieure à la durée actuelle qui est de 864 heures.

 1920-19212014-2015
RéférenceRegistre d’appel journalier - Ecole de CazarilhAcadémie de Toulouse - Semaine de 4,5 jours
Année scolaire1er octobre au 3 août2 septembre au 4 juillet
Congès (en équivalent jours de classe)Toussaint : 2 jours
Noël : 1 jour
Premier de l’an : 1 jour
(4 jours mais 3 récupérés les jeudis 23 décembre, 6 et 13 janvier)
Mardi-gras : 3 jours
Pâques : 7 jours
Pentecôte : 1 jour
Fête nationale : 1 jour
Total : 16 jours de classe
Toussaint : 9 jours
11 novembre : 1 jour
Noël : 9 jours
Hiver : 9 jours
Printemps : 9 jours
1er mai : 1 jour
8 mai : 1 jour
Ascension : 1 jour
Pentecôte : 1 jour
Total : 41 jours de classe
Organisation de la semaineLundi, mardi, mercredi, vendredi, samedi
soit 5 journées complètes
Lundi, mardi, mercredi matin, jeudi, vendredi
soit 4,5 jours
Durée en semaines41 semaines de 30 h36 semaines de 24 h
Durée en jours de classe204 jours soit 408 demi-journées180 jours soit 324 demi-journées
Heures de classe1224 h864 h

L’organisation pédagogique de la classe

On distingue en début d’année scolaire trois groupes d’élèves (cours préparatoire, cours élémentaire et cours moyen) mais cette organisation semble évoluer en cours d’année :
–          à partir de novembre dans le groupe de cours élémentaire il est précisé CE1 et CE2 ;
–          en mars, les élèves de CE1 se retrouvent sous l’appellation cours préparatoire mais dans un groupe distinct du groupe cours préparatoire de début d’année.
On peut penser que l’enseignant manifeste ainsi le souci de s’adapter au rythme de progression de ses élèves, ce qui est vrai également pour les élèves arrivés en cours d’année et changés de groupe après quelques semaines.

Les absences du maître de la classe

Si l’on excepte deux jours en début d’année où un changement sans doute imprévu de maître n’a pas permis de faire fonctionner la classe et une journée exceptionnelle de congé accordée pour l’élection du Président de la République, seulement trois jours de classe n’ont pas été assurés.
Ces trois jours sont justifiés par la participation du maître à des réunions : conférence pédagogique à Luchon (18/10), congrès à Toulouse (4/4) et conférence inter cantonale à St Gaudens (7/5). Il faut aussi ajouter une conférence à Luchon (17/11) ce qui traduit une animation pédagogique importante au bénéfice de ces instituteurs isolés loin du chef-lieu du département et travaillant dans des conditions sans doute précaires avec peu de livres et peu de matériel pédagogique. On notera aussi une visite de l’Inspecteur primaire qui a visé le registre d’appel le 12 mars 1921.

Les absences des élèves

Ce qui frappe c’est évidemment le taux d’absentéisme très élevé qui atteint 24% dont les 3/5 ont pour motif la participation des enfants aux travaux des champs.

Mais ce taux moyen masque des inégalités très marquées :
–          six élèves ont un taux d’absence inférieur à 10%
–          quatre élèves ont un taux d’absence supérieur à 50%
D’ailleurs, à partir du mois d’avril, certains élèves ne figurent même plus sur le registre d’appel et sont simplement notés comme « occupés régulièrement aux travaux des champs ».

Les absences pour maladie apparaissent peu nombreuses, relevant pour la plupart d’une épidémie de grippe en avril (131 demi-journées d’absence sur 187).

La neige et le froid ont perturbé 11 jours de classe (4 en décembre, 1 en janvier, 2 en février et 4 en avril) mais seuls les enfants habitant Trébons ont eu des difficultés pour se rendre à l’école.

On notera également que les fêtes locales (Trébons le 11 octobre et St Aventin le 13 juin) sont le prétexte pour quelques élèves à manquer l’école !

Tableau de synthèse des informations contenues dans le registre d’appel journalier de l’année scolaire 1920-1921
Photo de classe 1926 – La plupart des élèves étaient déjà scolarisés en 1920-1921

Les tours « à signaux »

Extrait d’un article publié en 2013 dans la « Revue de Comminges » par la Société des Etudes du Comminges
(reprise d’une communication faite en 1988 au congrès de Najac et publiée en 1990 dans la revue Château-Gaillard)

 Les tours à signaux des Pyrénées garonnaises

 Les Pyrénées garonnaises dressent leurs sommets à la frontière franco-espagnole à plus de 3 000 m d’altitude. Les principales vallées qui s’y enfoncent du nord au sud aboutissent à des cols ou à des ports très élevés, telle la vallée de la Garonne, celles de la Pique et de la Neste (vallée d’Aure). D’autres comme le Val d’Oô ou le Val du Louron se terminent presque en cul-de-sac. Ces vallées auxquelles il faudrait ajouter le Larboust, le Val d’Oueil et la Barousse ont appartenu au Moyen Age soit au comté de Comminges soit à la vicomté d’Aure.

Elles abritent encore un certain nombre de tours assez bien conservées : six dans la vallée de la Garonne en aval du Pont-du-Roi, cinq en Val Louron et en vallée d’Aure, quatre dans le Luchonnais, deux en Barousse et deux à proximité de Saint-­Bertrand-de-Comminges. Ces chiffres ne rendent pas compte du nombre réel des tours ayant existé et que la documentation écrite permet de retrouver: en Luchonnais il faudrait les multiplier par deux, en vallée d’Aure par trois.

Ces tours attirent l’attention des archéologues et des historiens depuis le XIX siè­cle. Elles ont été interprétées comme des tours de guet ou des tours à signaux et mises en relation avec le péril musulman d’au-delà des Pyrénées, et donc datées des VIII-IX siècles. Cette interprétation s’alimente à une tradition vivace, celle des « saints martyrs » pyrénéens honorés dans le piémont (Cizi, Vidian, Gaudens) et en montagne où Aventin aurait été retenu captif dans les « oubliettes » de Castelblancat. Après le XI siècle, elles auraient joué le même rôle d’alerte face à l’Aragon.

Mais, contrairement aux Pyrénées orientales, les Pyrénées garonnaises n’ont laissé aucun témoignage sur l’utilisation d’un réseau de tours à signaux à quelque époque que ce soit, ni sur un éventuel système d’alerte (feu sur la plate-forme sommitale?). Par ailleurs, l’hypothèse d’un tel réseau se heurte à plusieurs objections.

Les vallées en question connaissent souvent une forte nébulosité qui eût rendu bien aléatoire l’utilité de signaux quels qu’ils fussent, surtout pour les tours les plus élevées: Garin est à 1200 m, Gouaux-de-Larboust à 1300 m d’altitude. D’autre part, certaines tours de la même vallée ne peuvent pas communiquer entre elles, séparées qu’elles sont par des éléments du relief. D’autres sont situées dans des vallées terminées par des pentes abruptes et si difficiles d’accès à partir de l’Espagne qu’on les imagine mal servant de routes d’invasion, telles le Val du Louron ou le Val d’Oô.

Ce qui n’est pas le cas, il est vrai, des grandes vallées de la Garonne, de la Pique et de la Neste, où le danger d’invasion est évoqué jusqu’au début du XIX siècle et donne lieu à des travaux de remise en état des défenses.

 

Dernière objection : l’existence et le fonctionnement d’un réseau d’alerte supposent l’existence et le respect d’une autorité politique commune. Or si en vallée d’Aure l’autorité des vicomtes, et au-dessus d’eux celle des comtes de Bigorre, semble réelle dès le XIIsiècle, on ne peut en dire autant des vallées du Comminges qui sont alors bien absentes de l’histoire du comté et que semblent se partager des familles sei­gneuriales : les Saint-Aventin, Saint-Paul, Bezins, Estenos, Saint-Béat. Il faut attendre le XIII siècle et même le siècle suivant pour voir s’y exprimer une autorité supérieure, comtale puis royale.

On doit donc se tourner vers une autre interprétation. La toponymie est sans équivoque: les noms Castelblancat (Saccourvielle), Castelbert (Valcabrère), Castelfort (Burgalays), Castelvieil (Luchon), Castech (Moustajon), Turon del Castet (Lège) et Castet (Oô) renvoient à des châteaux. Et les documents modernes (XVII-XVIII siècles) confirment que ces tours appartiennent bien à des châteaux et qu’elles en sont les donjons.

Reste aussi à comprendre pourquoi ces tours ont été interprétées comme des « tours à signaux ». Une partie de l’explication réside dans leur isolement qui a surpris les historiens des XIX-XX siècles. Elles se dressent en effet en bordure des villages, plus ou moins éloignées selon les cas mais toujours en position marginale.

Par ailleurs, le mythe des tours à signaux est fils de son époque et contemporain de l’invention du télégraphe Chappe qui était entré en fonctions en 1794 lors de l’invasion de la frontière nord de la France par les Autrichiens. La tentation était grande pour les historiens régionaux du XIX siècle, qui ne bénéficiaient pas des connaissances actuelles, de reproduire le schéma du télégraphe Chappe, de le projeter dans le passé et de rapprocher le prétendu danger musulman sur la frontière des Pyrénées à l’époque médiévale, dont le souvenir vivace des « saints militaires » pyrénéens ne permettait pas de douter, de la présence de nombreuses tours. Ils n’y résistèrent pas. D’autres après eux vinrent qui, par respect pour leurs prédécesseurs ou par facilité, se contentèrent de reprendre leurs affirmations…

L’école de Cazarilh (1886)

Extraits de la monographie de l’Instituteur Louis Saubadie – 1886 – Commune de CAZARILH-LASPENES
Monographie publiée en 2013 dans la « Revue de Comminges » par la Société des Etudes du Comminges

  L’école de CAZARILH-LASPENES en 1886
(où sont également scolarisés les enfants de la commune de TREBONS)

 Nous ne possédons aucun document pouvant nous renseigner sur l’état de l’instruction primaire dans les différentes époques de l’histoire de la commune. À peine avons-nous pu recueillir verbalement les noms de quelques instituteurs qui ont exercé ici leur profession depuis le commencement du siècle actuel. Les divers renseignements qui nous ont été fournis par des vieillards dignes de foi nous montrent qu’à une époque peu éloignée de nous l’instituteur recevait pour tout traitement une mesure de seigle par élève et par semestre. Si nous considérons que la moyenne des élèves était de 20, la rétribution devait à peine s’élever à une centaine de francs. À cette rétribution nous devons ajouter la norme, contribution personnelle que payait en nature, tous les samedis, chaque élève de l’école. C’était tantôt une galette, tantôt un morceau de lard ; mais la valeur ne devait pas être inférieure à celle d’un œuf. Nous avons ici des personnes qui ont fourni cette norme pendant tout le temps qu’elles ont fréquenté l’école; elles s’accordent à dire que la misère de la famille de l’instituteur était extrême. Souvent, le maître d’école était le barbier du village et le carillonneur. Les soins qu’il donnait aux enfants n’étaient pas aussi rétribués que ceux du pâtre de la commune!

Jusqu’à présent, les bâtiments qui ont servi de maison d’école à Cazarilh ont toujours été défectueux; une salle basse peu aérée, mal éclairée, sans aucun préau ni dépendances d’aucune sorte, telle a toujours été l’installation scolaire de la commune.

Le Conseil municipal de 1881, désirant améliorer cette situation entra résolument dans la voie indiquée par le Gouvernement et résolut de créer un établissement scolaire réunissant les conditions de bien-être et d’hygiène qui prédisposent les jeunes esprits au travail sans effort, tout en développant leurs aptitudes physiques.

Un emplacement central était bien difficile à trouver dans ce village formé de maisons superposées ; cependant, à l’aide de quelques travaux d’aménagement, on a réussi à réunir les conditions requises de bonne installation, d’aération et d’éclairage.

La maison d’école est construite pour 24 élèves; la salle de classe, précédée d’un vestibule servant de vestiaire, comprend une surface libre de trente mètres carrés, soit un mètre carré 25 par élève.
Le préau couvert des filles a 12 mètres carrés ; le préau découvert quarante mètres carrés.
Le préau couvert des garçons a quinze mètres carrés ; le préau découvert, 70 mètres carrés.
Les cabinets d’aisance sont placés à l’extrémité des préaux couverts. Un corridor situé à l’arrière de la salle de classe isole cette dernière du terrain déblayé. Un escalier conduisant à l’étage supérieur est établi dans ce corridor.
Le palier supérieur donne sur deux portes, la première s’ouvrant dans la salle de bibliothèque populaire, et l’autre sur le logement de l’instituteur composé d’une cuisine, de deux chambres à coucher et d’un cabinet de travail.

Le montant total de la dépense affectée à l’établissement du local scolaire s’est élevé à 11100 francs. L’État a accordé une subvention de 9 000 F ; la commune 1500 francs dont 800 d’emprunt et le département 600.

La fréquentation des écoles laisse toujours à désirer dans nos montagnes ; tous les instituteurs s’accordent à dire que la loi du 18 mars n’a pas produit les effets en attendait. Cela tient surtout à la situation peu aisée des familles: Il faut d’abord vivre, entendons-nous répéter tous les jours et pour cela l’aide de nos enfants n’est pas à dédaigner.
À Cazarilh, en 1884, les absences se sont élevées au sixième des présences possibles. Il est à remarquer que l’école est fréquentée très régulièrement durant l’hiver: l’émulation, les résultats, le temps surtout contribuent à nous amener les élèves; mais pendant une bonne moitié de l’année, les travaux agricoles occupent la plupart des enfants; l’émulation ne peut rien alors: une absence en entraîne une autre; souvent un prétexte suffit. Dès que l’enfant a atteint 10 ans, il ne faut guère s’attendre à le voir en classe durant les mois de la belle saison ; il nous a été donné de constater que deux élèves de onze ans, un garçon et une fille ont, l’un 362 absences et l’autre 375 sur les 437 classes de l’année : le premier est fils d’un invalide qui ne peut se passer de son secours, le second garde un jeune enfant pendant que la mère gagne la vie de la famille.

En général, tout le monde sait lire et écrire ici. Qu’il nous soit permis de rendre justice au dévouement de nos prédécesseurs qui ont donné les soins intellectuels à la génération actuelle. MM. Anthony, Laurens et Ségnourat sont arrivés à obtenir l’heureux résultat de nous donner une population où il ne se trouve pas un homme qui ne sache signer son nom.
C’est dire qu’il n’y a pas eu depuis longtemps un conscrit illettré, et, durant dix ans, tous les actes de mariage ont été signés par l’époux; deux épouses seulement ont déclaré ne savoir, encore faut-il dire que l’une n’a pas voulu signer par un esprit de fausse vanité.

Ces résultats très satisfaisants sont dus pour une bonne part à l’intelligence et au dévouement de l’administration municipale qui, dans une commune dont les recettes annuelles ne s’élèvent pas à 200, a su créer des ressources pour construire un local scolaire évalué à 12000, pour acheter un compendium métrique, pour créer une caisse des écoles, pour acheter un matériel géographique complet et, enfin, pour fonder une bibliothèque scolaire populaire.
Cette bibliothèque fut créée en 1878 ; une souscription et un vote du Conseil municipal formèrent le premier fonds et Monsieur le Ministre de l’Instruction accorda, en 1879 une concession de livres. Aujourd’hui nous possédons 80 ouvrages divers qui sont lus régulièrement tous les hivers. En l’année 1884, il y a eu 96 prêts sur 27 familles que compte le village ; c’est une moyenne de plus de 3 ouvrages par ménage.

La caisse des écoles fut fondée seulement en 1884 par un vote du Conseil municipal et d’une subvention de l’État. Elle a déjà rendu de très grands services car la population de Cazarilh est pauvre et les enfants manquent souvent des fournitures scolaires les plus indispensables.

Il a même été possible de créer une caisse d’épargne scolaire ; huit livrets représentent aujourd’hui une somme de 14 francs; c’est peu, mais le premier pas est fait; l’institution prospèrera certainement.

La situation morale de l’instituteur est assez satisfaisante, vivant au milieu d’une population honnête et laborieuse, et en relation avec un Conseil municipal tout à fait dévoué au développement de l’instruction, le modeste traitement de 1000 francs suffit à peu près à ses besoins.
Sa position sera améliorée de beaucoup lorsque les travaux du local scolaire seront terminés, et cela ne peut tarder longtemps. Actuellement le logement laisse beaucoup à désirer car il ne se compose que d’une chambre pour toute la famille. Mais en présence du bon vouloir de l’administration municipale, en présence des efforts qui ont été faits pour que la situation devînt supportable, il attend patiemment le jour où il lui sera permis d’être chez lui et d’avoir pour les enfants qui lui sont confiés une salle d’école construite dans les meilleures conditions possibles.